Comment (bien) rater ses vacances - Anne Percin
Cet été, Maxime ne veut pas faire de la rando sur le GR 10, en Corse, avec ses parents. Il préfère rester au Kremlin, chez sa grand-mère, alors que sa soeur est en colonie de vacances en Bretagne. Ce qui devait être un mois tranquille à glander devant l'ordinateur se transforme trés vite en journées galères où Maxime se retrouve seul face à une situation pas trés simple à gérer pour un jeune homme de 17 ans. Heureusement, il a la tête sur les épaules et son humour lui permet de dédramatiser ce qui lui arrive. Malgré son emploi du temps beaucoup plus chargé que prévu, il trouve du temps pour discuter avec Pika, une inconnue rencontrée sur SpaceBook. Au fil des jours, Maxime évolue, gagne en maturité et porte un regard différent sur son entourage et sur lui-même.
Après une première rencontre râtée avec Anne Percin l'année dernière, j'avais envie de donner une seconde chance à cet auteur dont j'ai entendu beaucoup de bien ces derniers temps. Et j'ai bien fait !
Je vais être franche, j'ai eu peur au début et je me suis ennuyée un peu pendant les premières pages. En plus, je n'ai pas toujours été sensible à l'humour du narrateur. Puis, la personnalité de Maxime a fini par l'emporter. Ses réflexions sur lui-même m'ont vraiment intéressée et je me suis laissée emporter par le roman à tel point que je l'ai refermé en regrettant de ne pas avoir la suite sous la main.
PERCIN, Anne, Comment (bien) rater ses vacances, Rouergue, 2010.
Chaque soir à 11 heures - Malika Ferdjoukh
Willa et Iago sortent ensemble depuis quelques temps. Lors d'une soirée organisée par Fran, la soeur de Iago, le jeune homme a un comportement inhabituel. Au lieu de profiter de ses copains, il s'isole complétement. Quand Willa finit par le retrouver, seul dans l'appartement familial, replié sur lui-même dans le sofa, il lui demande de le laisser. La semaine suivante, il est absent du lycée et refuse qu'elle vienne le voir. Willa ne comprend pas pourquoi et Iago ne lui donne aucune expliaction digne de ce nom.
Pendant cette fameuse soirée, elle fait la connaissance d'un garçon très étrange, Edern Fils-Alberne. Celui-ci habite dans une grande maison décrépite à Montmartre. Il a perdu ses parents et vit avec sa petite soeur, son frère, sa belle-soeur et du personnel de maison qui travaille dans la famille depuis des années. En venant jouer régulièrement de la musique avec la petite dernière, Willa découvre petit à petit certains des secrets qui hantent les Fils-Alberne et se trouve malgré elle prise dans une histoire qui la dépasse.
Le comportement étrange de Iago et celui, tout aussi bizarroïde, de la famille Fils-Alberne ont-ils un lien ? Vous le saurez en lisant Chaque soir à 11 heures.
J'ai découvert Malika Ferdjoukh avec Sombres citrouilles il y a quelques années et c'est avec beaucoup de bonheur que j'ai retrouvée sa plume et ses histoires un peu déjantées. Ne vous fiez pas à la couverture, ce roman n'est pas uniquement destiné aux jeunes adloescentes en mal d'amour, il est bourré d'humour, de création langagières et de bizarreries. Le suspens est entretenu jusqu'au bout et on tourne les pages les unes après les autres en se demandant comment Willa va se sortir de cette histoire loufoque à laquelle elle est mêlée.
Un roman vraiment sympathique à découvrir sans hésitation !
FERDJOUKH, Malika, Chaque soir à 11 heures, Flammarion, 2011.
L'immeuble d'en face - Vanyda
L'immeuble d'en face est un tout petit immeuble. Il comporte 3 appartements seulement mais il s'y passe beaucoup de choses. Au premier étage, il y a Béatrice, une mère célibataire. Rémi, son petit garçon, est très mignon et va bientôt avoir une petite soeur. Au deuxième, c'est Fabienne et Jacky un couple autour de la cinquantaine un peu étrange. Gipsy, leur dogue allemand, est un peu le centre du monde pour eux. Au troisième vit un jeune couple d'étudiants, Claire et Louis. Ils passent beaucoup de temps avec leurs copains.
Au début du premier album, les habitants se croisent sans se connaître puis petit à petit des liens se tissent et le lecteur entre dans l'intimité de chacun d'entre eux. Tous les personnages sont attachants et ce sont de véritables tranches de vie que nous propose Vanyda. On suit le quotidien des personnages, leurs moments de doute ou de bonheur, leurs interrogations, etc.
Cette série a été publiée avant Celle que... que j'ai dévoré il y a quelques temps. C'est avec énormément de bonheur que j'ai retrouvé les dessins en noir et blanc de Vanyda, son humour et son talent pour transfomer les petits riens du quotidien en moments dignes d'intérêt.
VANYDA, L'immeuble d'en face 1, La boîte à bulles, 2004.
VANYDA, L'immeuble d'en face 2, La boîte à bulles, 2007.
VANYDA, L'immeuble d'en face 3, La boîte à bulles, 2010.
Mercredis en musique # 17 : Muse - Uprising
C'est la chanson que j'écoute en boucle en ce moment le matin sur la route pour aller au travail.
Elle me donne la pêche !
Luz - Marin Ledun
Ce premier dimanche des vacances d'été ressemble malheureusement trop à bon nombre de dimanches pour Luz. Les adultes n'en finissent pas de manger et surtout de boire. Et puis, il y a Vanier, ce voisin qu'elle ne peut pas voir avec son ventre proéminent, ses grosses mains, son odeur de sueur et d'alcool et ses réflexions déplacées.
La chaleur est épouvantable. Luz décide d'aller se baigner sur les rives de la Volte. Là-bas, elle espére retrouver ses soeurs mais apparement, elles ne sont pas là. Elle tombe par hasard sur Thomas, un élève de sa classe qu'elle ne connaît pas bien. Il est accompagné de Manon, une amie. Tous les trois décident de longer un peu la rivière pour rejoindre un endroit plus calme. C'est un lieu difficile d'accès et donc moins fréquenté. A partir de ce moment là, les ennuis commencent. Ce qui ne devait être qu'un dimanche après-midi de plus, semblable aux autres, se transforme petit à petit en un véritable cauchemar.
Luz est une adolescente comme beaucoup d'autres. Elle est en pleine période de conflit avec ses parents et se cherche un peu du point de vue de la personnalité. Néanmoins, elle est mature pour son âge et porte un regard très lucide sur son entourage. Tout ce qui lui arrive lui permet de grandir encore un peu plus et de voir son père et sa mère d'un autre oeil.
Ce roman noir m'a tenue en haleine du début à la fin. L'angoisse est palpable. La chaleur étouffante ajoute une tension supplémentaire à cette histoire dramatique. On ne s'ennuie pas un seul instant et on tourne chaque page en se demandant comment tout cela va se terminer. L'adolescence n'est pas une période facile, on le sait, et les conduites à risque peuvent avoir de graves conséquences. Ce qui est encore plus grave, c'est quand les adultes eux-mêmes n'ont pas une attitude responsable.
L'écriture de Marin Ledun est très travaillée. On sent une recherche au niveau de la construction des phrases et du vocabulaire. Ce roman pour ados est tout aussi réussi que Les visages écrasés ou Fractale, textes destinés aux adultes. Si vous ne connaissez pas l'auteur, je vous le conseille vivement !
Extrait :
"Les pentes ravinées cèdent la place à des massifs d'essences variées qui s'épanouissent au pied de la vallée encaissée de la Volte. Luz escalade un pierrier et gagne l'ombre des saules, des chênes verts et des accacias, au rythme des riffs de guitare et de la voix adolescente de Matthew Bellamy. L'herbe sèche craque sous ses pieds. Des genêts aux fleurs fanées saturées de sauterelles et de guêpes bordent le sentier qui mène à la rivière. Plus bas, elle repère les traces d'un feu de camp. Des canettes gisent au milieu des cendres froides. Elle se prend à rêver d'un jour où elle n'aura plus besoin d'une permission pour venir ici et où elle se baignera à la belle étoile avec ses amis." p. 23
LEDUN, Marin, Luz, Syros, 2012.









