dimanche 30 novembre 2008
Moi, lectrice : autoportrait
Faelys proposait il y a quelques jours son autoportrait de lectrice. Je reprends l'idée car j'aime bien tout ce qui permet de mieux savoir qui se cache derrière l'écran.
. Plutôt corne ou marque page? Marque Ta Page et certainement pas de "cornage", je déteste ça !
. As tu déjà reçu un livre en cadeau ? Oui, bien sûr et même que depuis quelques temps j'en reçois assez régulièrement grâce à chezlesfilles.
. Lis tu dans ton bain? Avant oui mais maintenant je ne le fais plus, je préfère mon lit !
. As tu déjà pensé à écrire un livre? J'aurais bien aimé écrire mais j'en suis totalement incapable.
. Que penses tu des séries de plusieurs tomes? ça m'énerve, surtout les séries de litté jeunesse qui sont lancées avec des campagnes de pub et des produits dérivés. C'est du véritable marketing et c'est pas toujours d'une grande qualité littéraire.
. As tu un livre culte? Non
. Aimes tu relire? Je relis très très peu, par manque de temps et surtout à cause de mon envie insatiable de découvrir de nouveaux livres.
. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimé? Quand je peux, j'aime bien mais pas seulement pour une dédicace. Les discussions entre lecteurs et auteurs sont tellement enrichissantes que c'est dommage de passer à côté.
. Aimes tu parler de tes lectures? Oui, beaucoup.
. Comment choisis tu tes livres? Question difficile. Généralement, je choisis toujours des livres dont j'ai entendu parler ou qui sont écrits par des auteurs que je connais. Je choisis rarement un livre au hasard...
. Une lecture inavouable? La Petite maison dans la prairie quand j'étais collégienne ?
. Des endroits préférés pour lire? Mon hamac l'été ou mon lit l'hiver
. Un livre idéal pour toi serait: Une intrigue qui ne me donne pas envie de refermer le livre avant la dernière page. Une belle écriture. Des personnages humains et surtout pas superficiels. Une psychologie fouillée. De la profondeur. Et pleins d'autres choses encore !
. Lire par dessus l'épaule? Je ne supporte pas qu'on lise par dessus mon épaule.
. Télé, jeux vidéos ou livre: Livre, livre et livre !
. Lire et manger? Non
. Lecture en musique, en silence, peu importe? En silence
Ma question en plus : Lire un livre électronique ? Non, pas du tout envie.
A qui le tour ?
Il suffit de copier-coller les questions et d'ajouter une question en plus à chaque fois.
jeudi 27 novembre 2008
"Il y a longtemps que je t'aime", un film de Philippe Claudel
Juliette (Kristin Scott Thomas) vient de passer quinze ans en prison sans voir famille ni amis. A sa sortie, sa sœur Léa (Elsa Zyberstein) qui n'a pris de ses nouvelles que récemment, vient la chercher pour qu'elle vienne vivre chez elle le temps de voir venir. Les retrouvailles ne sont pas faciles, d'autant qu'un lourd secret pèse autour de l'emprisonnement de Juliette.
Je n'ai pas eu l'occasion de voir ce film à sa sortie au cinéma mais heureusement, il est désormais disponible en DVD. Autant le dire tout de suite, j'ai eu les larmes aux yeux à la fin et ça m'a vraiment remué les tripes. Il faut dire que j'affectionne tout particulièrement les livres (et aussi les films !) qui ont pour thème le secret. Si j'ai plus ou moins deviné celui-ci très rapidement, Philippe Claudel est quand même doué pour nous donner les pièces du puzzle au compte-goutte. En plus, les deux actrices principales sont vraiment remarquables. Un film à voir donc, si ce n'est pas déjà fait !
Antigone, Tamara et Papillon l'ont vu aussi.
lundi 24 novembre 2008
"Le jour avant le lendemain" de Jorn Riel
Quatrième de couverture :
"Le nord-est du Groenland, vers 1860. Ninioq est une très vieille femme qui appartient à la tribu de Katingak, son fils, grand chef et pêcheur réputé. Elle sait que la vie est sur le point de s'achever. Bientôt va venir pour elle le moment d'aller s'allonger sur la glace afin de mourir dignement. C'est avec sérénité que Ninioq envisage sa fin, car son existence bien remplie la satisfait. Pourtant, une sourde angoisse vient contrarier cette quiétude, un sentiment qu'elle ne sait définir et qui la taraude. Aussi, quand, à la fin de l'été, vient le moment, après une pêche miraculeuse, d'aller faire sécher le poisson sur la petit île de Neqe, Ninioq voit avec soulagement l'occasion de se retirer un peu et de profiter de cette solitude pour réfléchir. Manik, son petit-fils préféré, insiste pour l'accompagner et sera le bienvenu. Ils conviennent que leur tribu passera les chercher juste à temps pour participer à la cueillette des myrtilles. Mais le temps passe et la tribu ne revient pas. L'angoisse de Ninioq commence alors à se préciser et l'idée prend forme que Manik et elle aient pu être abandonnés, qu'ils se retrouvent définitivement seuls au monde. Quel effroyable destin pour le tout jeune Manik, et quelle responsabilité pour Ninioq, si proche de sa fin."
Le jour avant le lendemain est un joli roman qui raconte le quotidien d'une tribu du Groenland. La vie est difficile et la mort sans cesse présente mais les membres de cette tribu semblent heureux de vivre. Les magnifiques talents de conteurs de Jorn Riel nous permettent de découvrir leurs us et coutumes. L'auteur, qui connaît très bien la région, s'est d'ailleurs inspiré d'un fait divers pour écrire ce récit. La fin est vraiment triste mais j'ai admiré la force et le courage de Ninioq tout au long de ma lecture. Je ne pense pas que je serais capable de vivre dans de telles conditions...
La première fois que j'ai entendu parler de ce roman, c'était chez Sylire.
Lire l'interview de l'auteur sur le site La Lettrine.
Riel, Jorn, Le jour avant le lendemain, Gaïa Editions, 1998. Existe aussi en version poche.
mardi 18 novembre 2008
Maintenant, je suis un peu plus culturée !
Incroyable mais vrai : avant de fréquenter la blogosphère littéraire, je n'avais jamais entendu parler de Jane Austen (ou alors j'ai oublié...). Il faut dire que je suis particulièrement inculte en matière de littérature étrangère en général et anglaise en particulier. Maintenant que j'ai lu le célébrissime Orgueil et préjugés, je me sens un peu moins bête et je pourrai moucher avec joie celle et ceux qui ne l'ont pas lu (lol)!
Alors, de quoi ça parle (car je soupçonne que certain d'entre vous sont dans la même situation que moi il y a quelques jours...) ? L'histoire se passe en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle. L'héroïne, Elizabeth Bennet, appartient à une famille bourgeoise ni très riche ni très pauvre, ni savante ni illettrée. Sa mère n'a qu'un rêve : marier ses cinq filles avec de "bons partis" afin d'assurer leur avenir financier et d'entrainer la convoitise de tout le voisinage. Bals, dîners, conversations et autres mondanités sont le quotidien d'Elizabeth et de ses sœurs.
L'arrivée d'un riche gentleman dans les environs suscite l'émoi de tous. D'emblée, l'aînée de la famille, Jane, tombe amoureuse de Mr Bingley. Elizabeth, elle, dédaigne l'orgueilleux et hautain Darcy, meilleur ami de Bingley. Il faut dire que Darcy est détestable et s'attire l'antipathie de tous.
A partir de là, rien ne se passe comme prévu. Manipulations, malentendus, orgueil et préjugés vont faire tomber à l'eau tous les plans de Mrs Bennet et de ses filles.
Ce que j'en ai pensé : je ne suis pas tombée amoureuse de Darcy comme certaines blogueuses accros à Jane Austen, je ne suis pas tombée en extase devant ce roman à la mode non plus mais j'ai passé un très bon moment de lecture. L'œil critique de Jane Austen sur la bourgeoisie anglaise du XIXème siècle, l'humour, la satire sociale et l'analyse des petits travers des uns et des autres y sont sans aucun doute pour quelque chose.
En guise de conclusion, je dirai que si je ne fais pas partie des fans de ce roman, c'est parce que ce genre de littérature n'est généralement pas ma tasse de thé. Du classique, j'en ai suffisamment lu pendant quelques années à la fac. J'aimais beaucoup mais maintenant, je suis passée à autre chose et je ne veux plus lire que du contemporain ou presque !
AUSTEN, Jane, Orgueil et préjugés, Eidtions 10/18, 2000.
samedi 15 novembre 2008
"A propos d'un gamin" de Nick Hornby
Will est un célibataire endurci qui approche tout doucement de la quarantaine. Héritier de son père qui a écrit une seule et unique chanson de Noël au succès jamais démenti, il n'a pas besoin de travailler pour vivre. Adolescent attardé, il passe donc ses journées à faire les magasins, acheter des CD et regarder des séries débiles à la télé. Il ne se voit pas du tout marié avec des enfants mais il aime bien les femmes quand même. Un jour, il ne trouve rien de mieux que de s'inscrire dans un groupe de parents célibataires pour faire de nouvelles rencontres et ....... de nouvelles conquêtes.
Marcus, 12 ans, vient d'emménager avec sa mère à Londres. Dépressive et un peu en décalage avec la société, celle-ci ne lui facilite pas la vie. Tous les enfants se moquent de lui à l'école car il est trop différent. Il porte des mocassins démodés, des lunettes toutes moches et pense comme un adulte marginal.
Quand Marcus et Will se rencontrent par l'intermédiaire du groupe de parents célibataires, ils ont beaucoup de mal à se comprendre. Tous les deux seuls, mais pour des raisons différentes, ils vont apprendre à se connaître.
Je vous préviens tout de suite, si vous commencez à lire les premières pages de ce livre, vous risquez -comme moi- de ne pas le refermer avant la fin ! Nick Hornby est très doué pour parler de sujets sérieux voire graves -le célibat, la solitude, la dépression, etc.- avec beaucoup d'humour et de dérision. On rit beaucoup donc mais on partage aussi les doutes et les questionnements des personnages. L'égoïste Will en devient presque attachant !
Clochette a beaucoup aimé elle aussi.
HORNBY, Nick, A propos d'un gamin, 10/18, 2006.
mardi 11 novembre 2008
"Broderies" de Marjane Satrapi
Neuf femmes iraniennes (dont Marjane Satrapi elle-même) profitent de l'heure du thé pour raconter les derniers ragots du quartier et se faire des confidences. Les hommes, l'amour, la sexualité, la virginité, le mariage, le divorce : tels sont leurs thèmes privilégiés de discussion.
Des situations graves -comme cette femme à qui on propose de se couper avec un rasoir le jour de sa nuit de noce car elle n'est plus vierge ou cette autre qui n'a jamais vu de sexe masculin car elle n'a que des filles et son mari éteint la lumière à chaque fois qu'ils font l'amour, sans compter tous ces mariages que les jeunes filles n'ont d'autre choix que d'accepter - sont racontées avec beaucoup de distance et d'humour. Et de l'humour, on sait que Marjane Satrapi en a beaucoup ! Malgré la gravité des faits, les femmes restent optimistes et pleine de vie, à l'exemple de la grand-mère de l'auteur, une personne de caractère qui ne se laisse absolument pas marcher sur les pieds.
A lire sans hésitation !
Merci à Finette grâce à qui j'ai découvert l'existence de cette BD.
SATRAPI, Marjane, Broderies, L'Association, 2003.
dimanche 9 novembre 2008
Petite balade dominicale
Cet après-midi, petite balade à Biarritz : la plage, le Grand Hôtel, le rocher de la Vierge... C'était vraiment sympa malgrè la petite brume de mer. Le centre ville est toujours aussi moche mais bon, j'aime surtout aller dans cette ville pour voir la mer s'abattre sur les rochers.
Au début, je débarquais de j'sais pas trop quelle planète et je comprenais pas pourquoi il y avait autant de monde mais c'est vrai que 18°C un week-end du 11 novembre, après plusieurs jours de pluie battante, ça donne envie de respirer le grand air !
vendredi 7 novembre 2008
La graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche
La vie de Slimane n'est pas très drôle. Après 35 ans de bons et loyaux services, il est licencié du chantier naval sur lequel il travaillait. Divorcé et âgé de 61 ans, il vit dans une petite chambre, dans un hôtel tenu par sa compagne. La solitude lui pèse, même si sa famille est nombreuse et assez présente.
Aidé par sa belle-fille, pleine d'enthousiasme et de volonté, il décide de retaper un bateau pour en faire un restaurant. Mais les démarches administratives sont compliquées et la société bien pensante ne lui facilite pas la tâche.
Ce film, qui a remporté de nombreuses récompenses dont 4 Césars en 2008, brosse le joli portrait d'une famille d'immigrés arabes avec ses joies et ses peines, ses forces et ses déchirures. Il est plein d'humanité et ressemble parfois à une analyse sociologique.
Certains passages sont un peu long à mon goût (en plus, le film dure presque 2h30) mais Abdellatif Kechiche a le mérite de laisser une grande place au dialogue et à l'échange entre les différents personnages, si bien que le spectateur a l'impression de partager l'intimité de la famille de Slimane.
La fin est tragique et m'a vraiment surprise. J'aurai bien aimé un peu d'espoir mais notre monde est ainsi, souvent cruel... On est bien loin du "tout est beau dans le meilleur des mondes".
Antigone, Sylire, Papillon et Alain l'ont vu également.
mardi 4 novembre 2008
"Le chemin des sortilèges" de Nathalie Rheims
Voilà dix ans que la narratrice a perdu la trace de l'homme qui l'a vu naître et qui l'a accompagnée depuis toute petite grâce à des séances de psychanalyse. Dix ans, le temps de perdre sa mère et d'échouer en amour.
Un jour, elle retrouve la trace de cet homme prénommé Roland et se rend chez lui pour quelques jours. Dans la chambre dans laquelle elle dort, se trouve posé un livre : La belle au bois dormant. A peine plongée dedans, les souvenirs liés au passé ressurgissent. Chaque jour, un nouveau conte de fées est là, déposé par une main invisible. Chaque jour, la narratrice tente d'éclaircir un peu plus ses propres zones d'ombres. Elle part sur les traces de son passé pour découvrir le secret qui la hante et dont elle n'a aucun souvenir. Roland, personnage énigmatique, va l'aider dans sa quête.
Ce "résumé" reflète bien peu l'atmosphère étrange et mystérieuse qui règne dans ce roman. Rêve et réalité se mélangent sans cesse pour brouiller les pistes. La narratrice ne sait parfois plus où elle en est alors, imaginez le lecteur ! Pour aimer Le chemin des sortilèges, il faut accepter d'entrer dans un univers un peu surnaturel et d'être déconcerté.
Les contes de fées sont omniprésents et on pense bien sûr au célèbre Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. Nathalie Rheims exploite cet univers, mais de façon assez superficielle je trouve. Elle semble plus intéressée par le parcours initiatique de la narratrice -qui d'ailleurs a certains points communs avec elle- et par le mystère qui se trouve caché tout au bout de cette quête.
Je ne sais pas pourquoi mais j'avais peur que le dénouement soit décevant. Il n'en est rien. Il est tout simplement surprenant et déconcertant, tout comme l'ensemble du livre !
"Depuis que j'étais arrivée ici, j'avais perdu le fil. J'avançais en équilibre sur une corde invisible. Je ne savais plus ce que, dix ans après, j'étais venue chercher. Étais-je là pour renouer notre dialogue, rassembler les morceaux de mon existence ? Pas seulement. ce lieu me cernait, comme si, à travers lui, quelqu'un voulait me faire comprendre quelque chose d'essentiel. Je devinais qu'il y avait un lien entre les contes déposés sur mon bureau, les cauchemars qui m'envahissait et cette maison qui semblait, parfois, vouloir me parler. Mais il restait abstrait.
Mes conversations avec Roland. Tout cela tournait autour de ma vie. Un secret se dissimulait dans les replis de ma mémoire, j'en avais la certitude. Plusieurs fois, je l'avais senti affleurer, mais il se dérobait toujours. Je devais remonter pas à pas. Traquer chaque signe. Deviner où me conduisait ce chemin." p. 78-79
"Ecrire pour me protéger, pour que les lettres, tels des sortilèges, me construisent une armure. Mettre le monde à distance, le regarder, cachée derrière mes lignes." p.55
Leiloona, Clarabel, Lucie et Malice l'ont lu aussi.
Merci à Suzanne de Chez les filles grâce à qui j'ai reçu ce livre gratuitement.
RHEIMS, Nathalie, Le chemin des sortilèges, Éditions Léo Scheer, 2008.
dimanche 2 novembre 2008
Couleur de peau : miel de Jung
Avec Couleur de peau : miel, c'est sa propre histoire que Jung raconte dans une BD aux jolis traits, en noir et blanc, qui rappelle un peu l'univers des mangas.
D'origine coréenne, l'auteur a été adopté à l'âge de 5 ans par un couple de belges déjà parents de plusieurs enfants. De son passé en Asie, il a quelques souvenirs mais qui ne sont pas liés à sa mère (et encore moins à son père). En Belgique, il doit s'intégrer dans une nouvelle culture, une nouvelle famille, etc. Pas facile quand on se sent si différent et que les autres se chargent bien de vous le rappeler, volontairement ou non !
Abandon, adoption, déracinement, quête d'identité : tels sont les thèmes majeurs de cette BD. Et tout ça est raconté sans pathos car l'auteur a beaucoup d'humour. Le décalage est constant entre la gravité de certains propos et la façon dont ils sont racontés.
A travers ce magnifique livre, Jung nous dévoile sa propre intimité mais il explique aussi pourquoi tant d'enfants coréens ont été et sont encore adoptés. C'est donc une histoire instructive qui m'a fait beaucoup réfléchir et ce a de nombreux niveaux.
Ce premier tome est consacré à l'enfance et à l'adolescence de l'auteur. J'attends avec impatience que le deuxième, sorti récemment, soit disponible à la médiathèque.
Ils ont aimé aussi : Laurent, Sassenach et Jean-François.
PS : En relisant ce billet, je me dis qu'il reflète bien peu la richesse de l'histoire mais je n'arrive pas à faire mieux. Un conseil : si le sujet vous intéresse, lisez là !
JUNG, Couleur de peau : miel / tome 1, Quadrants, 2007.





