mercredi 18 novembre 2009
"Les belles choses que porte le ciel" de Dinaw Mengestu
Dans la deuxième moitié des années 1970, Sépha, jeune immigré d'origine éthiopienne, a fuit la révolution et les massacres de son pays et s'est retrouvé aux États-unis avec pour seule famille un oncle. Il a commencé par travailler pour un patron qui l'exploitait puis, a décidé de tenir une petite épicerie dans un quartier pauvre de Washington. Des années plus tard, il est toujours au comptoir de sa boutique et passe son temps à lire, à attendre de rares clients et à porter sur le monde un regard nostalgique et triste en compagnie de Joseph et Kenneth, ses deux amis africains.
L'arrivée dans le quartier de Judith, une femme blanche, et de sa fille métisse, Naomi, va bouleverser le petit univers de Sépha et aussi celui du quartier. Mais Sépha sait très bien quelle est sa place en ce monde. Son regard sur la relation qu'il entretient avec Judith et Naomi est tout à fait lucide.
Que disait toujours mon père, déjà ? Qu'un oiseau coincé entre deux branches se fait mordre les ailes. Père, j'aimerais ajouter mon propre adage à ta liste : un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. p. 281
Sépha fait partie de ces êtres blessés sur qui la vie glisse, de ces êtres à l'existence anonyme mais dont le regard sur le monde est ô combien juste et plein de sagesse. Pris entre l'Éthiopie, son pays d'origine dans lequel vivent encore sa mère et son frère mais où il ne retournera sans doute jamais, et les États-Unis où les pauvres et les noirs subissent désillusions sur désillusions, Sépha se sent seul. Ses quelques amis, sa petite boutique et les livres lui permettent de trouver un peu de bonheur au quotidien mais l'exil restera toujours une souffrance pour lui.
Un beau roman plein de poésie et réflexions très intéressantes sur l'Afrique, les États-Unis et l'exil.
Merci à
pour l'envoi de ce livre.
MENGESTU, Dinaw, Les belles choses que porte le ciel, Le livre de poche, 2009.
mardi 17 novembre 2009
"Les yeux jaunes des crocodiles" de Katherine Pancol
C'est l'histoire banale d'un couple -Antoine et Joséphine- qui se sépare et de la femme qui se retrouve seule avec ses deux filles à élever. Habituée à être toujours en retrait et peu confiante en elle-même, Jo est tout de même une battante et ne se laisse pas aller si facilement que ça. Elle bosse comme une malade pour que ses enfants ne manquent de rien mais aussi pour rembourser les dettes de son ex. Elle se fait complètement marcher sur les pieds par sa fille aînée, Hortense, à qui on a envie de donner des baffes tellement elle est prétentieuse et cupide. Heureusement, il y a la petite Zoé, encore naïve et attachée à sa maman.
Autour de cette petite famille, gravitent tout un tas de personnages aux vies plus tourmentées les unes que les autres : Chef qui trompe la mère de Jo avec sa secrétaire, la voisine qui vit seule avec son fils et semble cacher bien des secrets, Antoine qui part élever des crocodiles en Afrique avec sa nouvelle copine, Iris qui veut que sa sœur -Jo- écrive un livre et lui cède les droits pour pouvoir briller en public et retrouver grâce aux yeux de son mari, etc.
Au milieu de tout ce beau monde, Jo se démène, essaie de ne pas trop se faire avoir et cherche le bonheur. Pas simple !
Il y a parfois des livres qui sont faciles et imparfaits mais qu'on ne peut pas lâcher avant la fin et Les yeux jeunes des crocodiles en fait partie. Certes, ce n'est pas d'une grande qualité littéraire mais les histoires des différents personnages s'entrecroisent et c'est tellement plein de vie qu'on ne s'ennuie jamais. En plus, l'auteur sait ménager le suspens ce qui fait qu'on a toujours envie de lire quelques paragraphes de plus pour savoir ce qui va arriver à un tel ou un tel.
A lire donc pour se détendre et se changer les idées.
PANCOL, Katherine, Les yeux jaunes des crocodiles, Le livre de poche, 2009.
dimanche 18 octobre 2009
"Si c'est un homme" de Primo Lévi
Arrêté comme résistant en février 1944 puis déporté dans une annexe d'Auschwitz jusqu'à la libération du camp, Primo Lévi prend sa plume entre décembre 1945 et janvier 1947 pour raconter l'horreur de l'univers concentrationnaire. Il décrit ses conditions de vie et celles de ses compagnons de malheur. Les privations de toutes sortes, les coups, la violence physique et morale, la lutte pour survivre, le chacun pour soi, la maladie, la faim, la peur, le froid et bien d'autres choses encore, à peine imaginables, faisaient partie du quotidien.
J'ai lu beaucoup de documents sur la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration mais Si c'est un homme est vraiment à part. J'ai dû le lire par petits morceaux tellement certains passages m'ont remuée. Celui-là par exemple :
"qu'on offre à quelques individus réduits en esclavage une position privilégiée, certains avantages et de bonnes chances de survie, en exigeant d'eux en contrepartie qu'ils trahissent la solidarité naturelle qui les lie à leurs camarades : il se trouvera toujours quelqu'un pour accepter. Cet individu échappera à la loi commune et deviendra intouchable; il sera donc d'autant plus haïssable et haï que son pouvoir gagnera en importance. Qu'on lui confie la commandement d'une poignée de malheureux, avec droit de vie et de mort sur eux, et aussitôt il se montrera cruel et tyrannique, parce qu'il comprendra que s'il ne l'était pas assez, on n'aurait pas de mal à trouver quelqu'un pour le remplacer." p.140
La solidarité dans le malheur, quand on vit dans de conditions aussi atroces, n'existe plus. C'est chacun pour soi. Comment condamner un tel comportement quand on sait que les déportés étaient réduits à l'état d'esclave et pire encore, de bête ?
Au delà de la description de la vie dans le camp, Primo Lévi analyse les comportements humains et tous les mécanismes mis en place par les nazis pour détruire l'homme, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Il relate des faits bruts, sans haine, avec une lucidité et un recul extraordinaire pour quelqu'un qui écrit si peu de temps après avoir vécu l'impensable. C'est tout cela qui fait la force de son récit.
Un témoignage indispensable, un livre qu'il FAUT lire !
LEVI, Primo, Si c'est un homme, Pocket, 2003.
mercredi 7 octobre 2009
"Le collier de paille" de Khadi Hane
Cadre dans une ONG et femme indépendante, la narratrice de ce roman a tout pour être heureuse : un mari monogame qu'elle a choisi et qu'elle aime dans une société polygame où les femmes se voient parfois imposer un époux qu'elles ne connaissent même pas, un travail qui lui plaît, de l'argent, une maison. Bref, elle vit presque comme une occidentale alors qu'elle habite au Sénégal, à Dakar, et que beaucoup de ses concitoyens aimeraient sans doute avoir une vie aussi moderne que la sienne.
Son existence bascule le jour où elle est envoyée en mission dans un petit village de campagne pour mettre au point un projet de construction de dispensaire. Là-bas, elle tombe folle amoureuse d'un homme qu'elle rencontre par hasard alors qu'il est en train de travailler dans un champ et qu'elle se promène. La force et la musculature de ce villageois prénommé Diogoye l'impressionne.
Consciente qu'elle commet quelque chose de mal, elle ne peut s'empêcher de tromper son mari -un homme pourtant parfait- alors que quelques années plus tôt elle faisait la morale au mari de sa meilleure amie qui avait fait la même chose...
De retour à Dakar, elle ne peut plus manger ni travailler et toute sa famille s'inquiète. Son mari, Karim, ne comprend rien à ce qui se passe. Elle passe ses journées dans son lit, incapable de penser à autre chose qu'à sa passion pour Diogoye...
Le collier de paille est un roman sur l'adultère et la passion amoureuse mais aussi et surtout sur le tiraillement entre tradition et modernité dans un pays où les carcans familiaux, religieux et sociétaux sont encore nombreux. Le mariage, le divorce, les relations familiales, la polygamie sont des thèmes qui font encore débat et, même quand on décide résolument d'être une femme indépendante, comme la narratrice, on ne peut complètement s'affranchir du contexte dans lequel on vit... La preuve : elle a choisi son mari mais n'a pas pu organiser son mariage ni y participer, elle a refusé la polygamie mais c'est elle qui a trompé celui qu'elle pensait aimer avec un homme qui a déjà deux femmes... Pas toujours simple, la vie !
Merci à BOB et à Pocket pour l'envoi de ce livre.
HANE, Khadi, Le collier de paille, Pocket, 2009.
dimanche 4 octobre 2009
"Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti
Désirée est jeune et pourtant, elle est déjà veuve. Après 5 années de mariage, son mari a eu le malheur de croiser la trajectoire d'un camion alors qu'il circulait à vélo. Souvent, elle se rend sur sa tombe pour passer le temps et essayer de se sentir moins bien. En réalité, elle est plutôt en colère contre lui parce qu'il l'a laissée seule. En fait, ils vivaient ensemble sans véritablement s'aimer.
Au cimetière, elle croise souvent un mec qui passe son temps à jardiner sur une tombe tape à l'œil au goût très douteux. Elle le trouve plouc et lui est énervé par cette femme qui l'empêche de s'assoir seul sur son banc face à la tombe de ses parents pour souffler un peu. Car Benny -le mec de la tombe d'à côté- gère seul la ferme familiale et ses vingt-quatre vaches. Et il n'a pas vraiment les mêmes préoccupations que cette bibliothécaire citadine dans l'âme et propriétaire d'un appartement bien comme il faut. Lui, sa maison, c'est plutôt un capharnaüm.
Pourtant, un jour, ces deux là se sourient et commencent à se rendre compte qu'ils ne sont pas indifférents l'un à l'autre. C'est le début d'une passion dévorante qui sera mise à rude épreuve : celle du choc des cultures.
Raconté comme ça, on pourrait croire à un roman de gare mais c'est sans compter sur l'humour de l'auteur. Désirée et Benny sont deux personnages au caractère bien trempé et au sens de la répartie indéniable. Du coup, on passe son temps à rigoler et une fois la dernière page tournée, on regrette que ce soit déjà terminé.
Je vous l'accorde, qu'un sujet aussi banal -une histoire d'amour entre deux êtres que tout oppose- puisse donner un excellent roman, c'est difficile à croire mais c'est bien la réalité !
MAZETTI, Katarina, Le mec de la tombe d'à côté, Babel, 2009.
mardi 22 septembre 2009
"Comme un garçon" de Pierre-Louis Basse
Au moment du décès de son père, Pierre prend conscience du temps qui passe et éprouve le besoin de faire le point sur sa vie. Il s'installe dans un hôtel de la place de Clichy, à Paris, et se souvient de ses années de lycée et de jeune adulte de la fin des années 70 : premier amour, bande de copains, idéaux politiques, etc.
Autant le dire tout de suite, j'ai lu ce roman en entier sans réellement rentrer dans l'histoire. J'ai eu l'impression de lire un catalogue de souvenirs et je n'ai pas compris où l'auteur voulait emmener son lecteur. Le sujet aurait pu être intéressant dans la mesure où Pierre est le témoin d'une époque mais...
J'ai cependant apprécié quelques passages comme celui où le narrateur critique la société de l'information ainsi que l'attitude des politiques et des chefs d'entreprise qui licencient avec le sourire. Il fait également une analyse assez intéressante du rôle des humoristes dans le médias.
Un extrait, plus que jamais d'actualité malheureusement ! :
"Très gentiment d'ailleurs, l'un des responsables de la radio dans laquelle Pierre travaillait lui avait expliqué que, désormais, le contenu des programmes n'avait plus beaucoup d'importance." p.111
Ce qui est valable pour le radio, l'est aussi pour la télévision. On pourrait trouver des exemples à la pelle tous les jours !
Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des livres de la rentrée littéraire ! Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.
Merci à Ulike qui m'a permis de participer à cette opération.
BASSE, Pierre-Louis, Comme un garçon, Stock, 2009.
samedi 19 septembre 2009
"Le tigre blanc" d'Aravind Adiga
"Le
tigre blanc, c'est Balram Halwai, ainsi remarqué par l'un de ses
professeurs impressionné par son intelligence aussi rare que ce félin
exceptionnel.
Dans son Bihar natal miséreux, corrompu et violent,
Balram est pourtant obligé d'interrompre ses études afin de travailler,
comme son frère, dans le tea-shop du village. Mais il rêve surtout de
quitter à jamais les rives noirâtres d'un Gange qui charrie les
désespoirs de centaines de générations.
La chance lui sourit enfin à
Delhi où il est embauché comme chauffeur. Et tout en conduisant en
driver zélé, au volant de sa Honda City, M. Ashok et Pinky Madam,
Balram Halwai est ébloui par les feux brillants de l'Inde récente des
nouveaux entrepreneurs.
L'autre Inde, celle des trente-six millions et
quatre dieux, celle des castes, des cafards, des taudis, des
embouteillages monstres, des affamés, des éclopés et des
laissés-pour-compte de la Shining India du XXIe siècle, finit par avoir
raison de son honnêteté. Car, de serviteur fidèle, Balram bascule dans
le vol, le meurtre et pour finir... dans l'Entreprise...
Roman obsédant
écrit au scalpel et à même la chair du sous-continent, Le Tigre blanc,
conte moderne, irrévérencieux, amoral mais profondément attachant de
deux Indes, est l'œuvre du plus doué des jeunes auteurs indiens."
Un roman passionnant sur l'Inde, un livre que je n'ai pas pu refermer avant la fin...
Dès le départ, on sait que Balram est devenu entrepreneur et a commis un meurtre mais on veut comprendre comment il en est arrivé là, comment il est passé des Ténèbres des pauvres à la Lumière des riches, comment cet homme qui semble si honnête a pu commettre un tel acte.
A travers cette histoire personnelle, c'est la vie de centaines de milliers de gens, enfermés dans le système des castes, qui est décrite. En Inde, celui qui est né pauvre restera pauvre toute sa vie, n'ira pas à l'école ou en sortira très tôt, sera l'esclave des riches, subira la corruption de ceux qui appartiennent aux castes supérieures, sera humilié fréquemment, sans doute battu à plusieurs reprises, et peut-être tabassé à mort...
Tout cela, Balram veut le faire comprendre au premier ministre chinois
-et à travers lui, à ses lecteurs- qui doit se rendre en visite officielle dans le pays. Il lui écrit donc
une lettre pour qu'il puisse découvrir une autre Inde que celle qu'on
voudra bien lui montrer.
Rien de nouveau pour qui s'intéresse un peu à ce fabuleux pays mais cette histoire est tout de même passionnante. A cela s'ajoutent une dose d'humour noir et un peu de suspens, ce qui n'est pas pour me déplaire.
A lire donc !
Lire l'avis de Brize, de Jules et de Kathel.
Toutes les deux proposent des liens vers d'autres avis.

ADIGA, Aravind, Le tigre blanc, Buchet Chastel, 2008.
samedi 5 septembre 2009
"L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery
"Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge
du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite,
laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire
certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais
surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges
qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que
tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans,
j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais
depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le
bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte.
Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très
intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que
j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de
mes treize ans, je me suiciderai."
J'attendais beaucoup de ce livre et j'ai été franchement déçue. Des digressions philosophico-intellectuelles qui ne m'ont pas intéressée du tout, une jeune fille de 12 ans certes surdouée mais qui tient des discours très improbables pour son âge, deux personnages centraux -Renée et Paloma- qui ne se rencontrent que dans les 100 dernières pages et deviennent intimes en quelques minutes... Pour tout dire, j'ai eu du mal à finir et je ne comprends pas vraiment les nombreux éloges dont ce roman a été l'objet.
Je pense que je louerai quand même le film en DVD car l'idée de départ me semble intéressante mais je n'en attendrai pas grand chose comme ça, au moins, je suis certaine de ne pas être déçue !
D'autres avis par ici.
BARBERY, Muriel, L'élégance du hérisson, Gallimard, 2006.
vendredi 28 août 2009
Je l'ai enfin lu !
On a tellement parlé de ce livre que même ceux qui ne l'ont pas (encore) lu savent de quoi ça parle, à moins d'avoir déserté la blogosphère, les classements des meilleures ventes de livres et les rayons des libraires ces derniers mois. Mon esprit fainéant ce contentera donc de recopier la quatrième de couverture :
Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet de roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil des lettres qu'elle échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis : un étrange club de lecture inventé pour tromper l'occupant allemand, le « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...
C'est joyeux et léger malgrè le sujet, parfois loufoque et drôle, ça se lit d'une traite avec le sourire aux lèvres et on referme la dernière page en regrettant que ce soit déjà terminé. A lire donc si ce n'est pas encore fait parce que c'est un livre sur la Seconde Guerre mondiale pas comme les autres.
D'autres avis ici.
SHAFFER, Mary Ann, BARROWS, Annie, Le Cercle littéraire des Amateurs d'épluchures de patates, France loisirs, 2008.
mercredi 19 août 2009
Un premier RDV manqué avec la rentrée littéraire
A., jeune anthropologue français vient vivre aux États-Unis pendant trois mois pour "observer Frank Firth, le musicien, qui apprend à ses étudiants du Mills Collège comment on fait pour être ensemble quand on joue de la musique" (p.12). A. n'est donc pas un anthropologue comme les autres, il n'étudie pas je ne sais quel peuple perdu au fin fond de je ne sais quelle contrée. Il observe plutôt le monde qui l'entoure.
Je ne vous en dirai pas plus sur ce livre que j'ai abandonné assez rapidement. Je me suis très vite perdue dans les méandre de la pensée de A. qui passe souvent du coq à l'âne, nous racontant les habitudes alimentaires de son colocataire, la campagne présidentielle américaine, la vie d'une clocharde qui vit dans le parc de l'université ou encore le suicide d'une jeune étudiante anorexique qu'il ne connaît même pas. Tout cela sans que l'on comprenne le lien entre ces différents personnages. Quant au style, je n'ai pas réussi à m'y faire non plus : les phrases sont courtes et parfois hachées, fidèles aux pensées de A.
C'est donc un premier RDV manqué avec la rentrée littéraire. espérons que le prochain sera plus réussi !
Cathulu a un avis totalement contraire au mien. Elle l'a dévoré !
Doriane n'a pas adhéré au style.
BONNERAVE, Jocelyn, Nouveaux indiens, Seuil, 2009.









